
C’est pas facile la Joie…ça ne vient pas toujours au premier abord. Ça n’est pas toujours évident, simple. Si ça l’était d’ailleurs, cela se saurait. Parce que la Vie, parce que le Monde. Parce que la tristesse, le découragement, la peur, l’angoisse ont une fâcheuse manie à entrer dans nos vies, à s’y infiltrer, à balayer parfois tout sur leur passage.
Alors la joie, pour moi, de façon personnelle, c’est à préserver, à cultiver, à semer, à travailler.
Chaque jour, il me faut la chercher, la provoquer, la retenir, la garder précieusement pour en faire un trésor, pour les jours gris, les moments difficiles, les périodes sombres.

C’est en brodant ce mot en décembre, Joie, que j’ai commencé à écrire ces mots, ces autres mots. C’est en brodant la joie que j’ai su que ce serait mon mot pour Janvier et pour commencer l’année. Je me mets en quête, depuis plusieurs années, à l’aube d’une nouvelle année, d’un mot phare pour celle-ci et je crois vraiment que cette année c’est ce mot qui m’a trouvée.
La joie. Rien d’extraordinaire, rien de révolutionnaire. Et pourtant, peut-être que la clé se trouve là dans ces quatre petites lettres. J’aurai pu opter pour le mot « bonheur » mais il y a un je-ne-sais-quoi de subtil, de plus simple, du moins je le perçois ainsi, à aborder dans la joie.
J’aime beaucoup aller prendre dans ma bibliothèque mon vieux dictionnaire, feuilleter ses pages jusqu’à la lettre et le mot recherché. Mon regard, qui enfin, tombe entre deux définitions sur le mot attendu. Cette fois encore, voici ce que j’y lis.
Joie : n.f ( lat.gaudium ) 1. Sentiment de bonheur intense, de plénitude, limité dans sa durée, éprouvé par une personne dont une aspiration, un désir sont satisfaits. 2. État de satisfaction qui se manifeste par de la gaieté et de la bonne humeur. 3. Ce qui provoque chez quelqu’un un sentiment de vif bonheur, de vif plaisir.
En relisant cette définition, je me rends compte que, loin peut-être de la vivacité, de l’intensité, j’imagine plutôt aujourd’hui vous parler de joie douce, discrète. C’est sans doute à celle-là que j’aspire.

De la joie douce. Parce que, comme je l’écrivais plus haut, je sais que la joie est fugace, fragile, de courte durée parfois et qu’il faut la saisir dans chaque petit moment où elle se présente. Je pense souvent éprouver cette joie qui ne déborde pas, qui ne se montre pas, qui ne cherche pas à élever la voix. Et cette émotion est une de celle qui me fait beaucoup de bien au jour le jour. Elle est là, présente, à bien des instants et elle vient comme contrepoids à son émotion inverse, la tristesse.
De la joie enfantine. J’ai la chance, de part mon travail, en école maternelle, de côtoyer cette joie insouciante, de l’instant, cette joie qui ne se calcule pas, la joie enfantine. Souvent accompagnée de rires, de sourires, souvent pour des bricoles, des bêtises, elle est agréable cette joie, parce qu’elle peut se provoquer certes mais elle survient aussi lorsqu’on ne s’y attend pas. La spontanéité de mes hauts comme trois quatre pommes, y est pour beaucoup ! Et baigner au fil de mes jours de classe dans cette joie, malgré le moins drôle du métier, est une chance.


De la joie créative. Celle ci, elle me tient à coeur, cette joie de créer, de mes deux mains, de ma tête…Elle est présente, tranquille, à chaque fois que je suis installée à mon bureau, à une table où je sors mon matériel de collages, mes fils et mes aiguilles, mes tambours ou autres tissus à broder, mes pinceaux et tubes d’aquarelle, mes crayons et mes carnets… Parce que dans cette joie de créer, il y a la joie de partager…je ne suis pas certaine que l’une aille sans l’autre. C’est en tout cas ainsi que je le ressens. J’éprouve toujours de la joie lorsque je vais sur les réseaux partager ces petits bouts de moi dans ce que je crée. La joie et la gratitude des retours qui sont fait souvent, dans l’amitié et au-delà des kilomètres. C’est précieux, c’est riche, ça fait du bien au coeur.

De la joie de la marche. Dans la nature. Là aussi, difficile de dissocier les deux pour moi. Quand je marche, j’éprouve ce besoin essentiel de me retrouver là où la nature se sent et se ressent, là où je peux observer le sauvage, le petit : chevreuils, buses, punaises arlequin ou hérissons ( la liste est bien plus longue en fait vous vous en doutez, mais il ne me faut pas faire trop long ). Même si c’est parfois difficile de se mettre en route, d’affronter la pluie ou le vent parfois, d’enfiler ses chaussures de rando, de remettre son sac à dos sur ses épaules, d’enchaîner les kilomètres, la joie est là. Même fugace, même petite, elle est là , dans la satisfaction des kilomètres avalés, dans la satisfaction d’un moment partagé, dans nos marches à quatre pieds, six pieds ou plus encore. Ou tout simplement à deux pieds. Peu importe finalement la distance, même si les longues randonnées sur plusieurs jours m’apportent une joie peut-être encore plus intense lorsque le défi est relevé, les marches courtes, rapides, les nouvelles découvertes de chemin, les randonnées de moyenne distance dans notre campagne, c’est toujours le sentiment qui domine. ( ou vraiment le plus souvent, je ne vais pas vous mentir, la joie s’efface parfois lorsque je croise un jeune chevreuil mort, ou un lièvre sans vie, ou bien encore lorsque je découvre des haies massacrées ou des talus rasés alors que les fleurs et les herbes abritaient peu avant un nombre d’espèces incroyables…mais cela arrive finalement de façon assez rare et je sais que la main de l’Homme n’y est pas toujours pour quelque chose )
La marche et la nature vont toujours de paire avec la photographie pour moi. En amateur, je capte des lumières, des instants, des insectes que je n’avais jamais vus auparavant, des paysages, des détails et c’est aussi une habitude ou un rituel qui me met profondément en joie.

De la joie des petites choses. C’est aussi de cela aussi sans doute dont je veux parler et qui terminera ce billet. D’un bon livre qui se termine bien. D’une tasse de thé, noir de préférence. D’une jolie carte ou d’un courrier surprise reçus. D’un nouvel insecte observé au jardin. Des légumes récoltés. Du sourire d’un enfant en récréation ou dans la classe qui arrive à faire quelque chose qu’il n’arrivait pas avant. Du ronronnement d’un chat. D’une photographie réussie. D’une jolie table préparée pour une occasion particulière ou pas particulière. D’un brunch partagé. D’une jolie broderie. D’un collage qui rend bien. De mots qui trouvent écho. De la douceur des oreilles d’un âne. D’une bouchée de scone avec de la confiture. Du vol d’une buse au dessus de ma tête. Du temps partagé avec mon homme. Des retrouvailles avec mes petites personnes préférées. D’un petit mot gentil. D’un bon pain qui sort du four à bois. Du premier perce-neige. Du premier vol d’une petite mésange….
Je pourrai continuer cette liste à la Prévert encore et encore…à moins que ce ne soit vous qui la poursuiviez…
Parce que la joie dans les petites choses la rend encore plus présente dans les coeurs, et j’espère rend le gris un peu plus clair, atténue la peine et la folie du Monde qui peut ronger les esprits et les corps.
Je vous quitte ici avec quelques mots de Christian Bobin, qui décidément a souvent le dernier mot :
« Il n’y a pas plus grande joie que de quelqu’un qui voit le même monde que nous. C’est apprendre qu’on était pas fou. »
Que Janvier et les autres mois de l’année soient pleins de joies !








tres jolie mots qui reflète très bien ton compte et tes partages
j’ai également choisi le mien, il est venu à moi tout doucement et c’est affirmé durant mes vacances
c’est le mot s’enraciner
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Merci de ce partage en retour de ton mot… s’enraciner, c’est un bien beau programme pour une année nouvelle ! J’espère que cela t’apportera beaucoup de joie !
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