Il était une fois un potager…

Alors que février s’étire et que mars et le printemps vont bientôt pointer le bout du nez, alors que j’ai trié, rangé ma grainothèque, noté dans mon cahier d’idées folles et potagères son contenu et ce qu’il me faudra commander cette année, troquer, échanger….Alors que j’ai dessiné mes potagers, celui de la maison et celui du haut ( ainsi nommé parce qu’il faut monter pendant pas loin de 200 mètres quand même en partant de la maison !! ) pour mettre mes idées jardinières pour l’année qui vient, un peu plus au clair, savoir quoi semer, quoi planter, et où caser toutes mes envies de légumes et de fruits…

Alors que mes bottes roses frétillent et attendent impatiemment le retour des premiers semis et repiquages, j’avais depuis un bon moment envie de faire un article dédié au potager du haut…un potager au fil des saisons…

C’est donc en photos, prises au fil des mois l’année dernière et en quelques mots que je vous emmène ouvrir la barrière pour me suivre pas à pas dans ce potager qui m’est cher. J’en ai déjà souvent parlé dans de précédents articles parce que ce potager fait partie de notre quotidien. C’est même plus qu’un potager , c’est une histoire de transmission familiale.

C’est il y a vraiment un an, au cœur de l’hiver, que nous avons décidé dans nos de faire revivre le potager de mes grands-parents et parents. Même si l’idée avait été amorcée un peu plus en amont. Un potager qui comprend une belle surface remplie d’arbres, de haies, de terre à semer et à planter, un poulailler, un hangar, une ancienne bergerie, transformée en remise à outils et autres objets du jardin, un atelier et une ancienne petite serre. Et au delà du potager, une pâture, où vivent nos ânes une bonne partie de l’année, dans laquelle ont été plantés des pommiers il y a fort fort longtemps .

L’hiver, presque tout dort au potager. Les arrosoirs, les outils bien rangés, les cordeaux, les filets et les tuteurs en bambous. Les oiseaux s’enfoncent bien au chaud dans les sapins et les ifs.

L’année dernière, l’hiver a été enneigé quelques jours et le blanc a recouvert le jardin potager d’un silence propice à la réflexion pour savoir ce que l’on aimerait y faire, y trouver, y semer, y planter, y rêver.

Pour le printemps….

Il a fallu, dans un premier temps, ranger l’ancienne serre, trier les pots, balayer, faire l’inventaire des outils de mon père et de mon grand-père, et puis nous avons commencé à imaginer la construction d’une nouvelle serre, plus au soleil que celle que nous avons à la maison, une serre en récup’ avec des anciennes fenêtres, des bouts de bois de ci de là . Imaginée au bout d’un crayon à papier, sur une photo et construite au printemps, à quatre mains, voire six lorsqu’il a fallu descendre toutes les fenêtres stockées en haut de la pâture (merci Manu!) . J’ai profité également de la saison du renouveau pour écrire de jolies citations potagères sur des ardoises récupérées là aussi auprès d’un de mes voisins.

Il y avait encore quelques carottes oubliées par ci par là , les bonnes surprises de l’hiver passé et surtout une grande surface à retravailler ! toute une partie laissée en herbe, des zones fleuries, à préserver, alors on a bêché, rebêché, sué, allégé le sol, pour préparer la terre pour accueillir des routes et des routes de pommes de terre, dans la partie basse ! Dans une autre partie, on a regroupé les carrés de terre retournée, en une seule grande surface pour les futurs semis de bettes, carottes, poireaux , haricots verts et petits pois et les futurs plants de cornichons, concombres, pâtissons, courgettes, potirons et tomates….Et ce n’était pas gagné !!! une terre dure et crayeuse, sèche et rude….

Mais quand on y croit !!! mes bottes roses ont bien arpenté les allées et se sont bien souvent arrêtées pour observer les vers de terre et les petites bêtes !

Et dans l’ancienne couche, les premiers radis ont poussé, les premières salades ont été repiquées. On ne peut pas dire que la récolte des autres semis, dans cette bande de terre a été une réussite quand on jette un coup d’oeil dans le rétro de la brouette…terre trop pauvre, trop peu utilisée ces dernières années. Nous y avons remédié cet hiver, pour une année peut-être plus productive dans cette partie du potager.

Forcément, dans nos envies et rêves les plus fous, nous recherchons une grande part d’autosuffisance, pour vivre de peu mais vivre mieux, comme le dit si bien le titre d’un livre qui nous accompagne dans notre transition écologique. Au printemps dernier, nous sommes allés chercher quelques autres poules pour augmenter notre petit monde de gallinacées, des poules qui seraient parties vers une mort certaine, alors qu’elles étaient encore bien en forme ( triste sort pour les poules de plein air dans les élevages fermiers… ) et aller ramasser les oeufs tous les jours( et ne pas devoir en acheter depuis des mois et des mois) est pour moi une source de plaisir sans fin ! c’est un petit rituel qui fait partie de nos vies désormais. Tout comme est un plaisir sans cesse renouvelé de manger ses propres légumes.

Nous avons la chance d’avoir une grande pâture comme je le disais et les anciens pommiers qui donnent encore bien , pour notre consommation quotidienne, pour les jus de pommes maison, avaient besoin d’être repensés pour demain…ils ne seront pas éternels et nous avons commencé à en replanter des nouveaux . D’autres plantations suivront, arbres sans doute et fruitiers si la terre le veut bien.

Et le printemps a étiré son fil tout comme les cordeaux au potager pour tracer des lignes bien droites, (ou pas toujours !!) pour les semis et les récoltes de l’été.

Lorsque l’été est arrivé, de nouvelles idées, de nouveaux projets ont germé.

Celui de transformer l’ancienne serre en petit coin tranquille et accueillant, pour boire un café, entre deux travaux au jardin, pour boire un thé en fin d’après midi, en solo, en famille , entre ami.es, pour lire un moment loin de l’agitation , pour se mettre au frais et à l’ombre lorsque le soleil tape un peu trop….un lieu où cohabiter avec les mulots installés là depuis bien plus longtemps que nous , un lieu rêvé un jour du mois de juin et installé un jour de début juillet, en utilisant des objets, des livres, des meubles récupérés dans le grenier, la cave, la ressourcerie, la maison, la boîte à livres du village…

Un lieu où déposer nos récoltes du jour , pendant tout l’été…

Nous avons été vraiment bien heureux d’avoir eu un jour l’idée d’une nouvelle serre, ne serait-ce que pour nos tomates, sauvées du mildiou qui a décimé tous nos autres plants mis en extérieur. Et la récolte a été vraiment bonne pour les tomates donc mais aussi pour tout ce qui avait été semé et repiqué, en tout cas pour nous, jardiniers amateurs …

Et puis de récolte en récolte, de bocal en bocal, l’été a cédé la place à l’automne.

Et je suis tellement fière du travail accompli, pas toute seule, bien entendu , mais avec mon homme, et fière de ce que nous avons réussi à faire dans ce potager au passé si riche. J’en ai cueilli moi aussi des cornichons lorsque j’étais petite, les jambes piquées par leur feuillage, j’en ai mangé des radis sur une tartine directement sur l’herbe des allées, j’en ai mangé des framboises, bien avant que le panier ne revienne chez mes grands-parents….J’y ai joué, accompagné mon père, rêvé en silence, même si j’étais bien loin de me douter qu’un jour ce serait moi qui ferait renaître la terre et offrirait un petit refuge pour la biodiversité…

Et je ne pouvais pas choisir, entre autres, de plus belles photos que celles qui ont vu le jour derrière l’objectif de mon amie voisine Elodie ( c’est normal, elle est pro !!! ), une fin d’après-midi d’automne, les mains remplies de pommes, ou occupées à caresser les ânes, pour illustrer l’automne. Elle a su également capter à merveille des moments en famille, à l’été, images qui me sont précieuses, à un point que vous n’imaginez même pas !! Alors, merci, une fois encore !!

De mois en mois, une année est passée, source de petits bonheurs, les mains dans la terre, la boue parfois, les bras ou le vélo chargé des récoltes précieuses, avec souvent l’appareil photo dans les poches pour garder des traces précieuses de cet endroit. Je vous en mets encore quelques unes , parce qu’elles savent mieux encore que des mots mettre en valeur ce coin de paradis, de transition, ce coin que je veux partagé, en famille, pour aujourd’hui, pour Demain,je l’espère, pour ces années qui viendront.

Une nouvelle année au potager, ici et là-haut va commencer, pour poursuivre les rêves engagés, avec cet autre projet de réaménager l’ancienne remise avec la cave où nous stockons les pommes de terre, pour en faire une cabane, au milieu des arbres et des légumes, une cabane où passer un moment tout en sobriété heureuse, en décroissance….

Il y a quelques jours j’ai reçu le panneau refuge Lpo, après avoir inscrit le potager du haut à la liste des refuges, pour continuer de prendre soin de la faune qui y vit. C’est tellement bon de se laisser surprendre par un crapaud ou une grenouille, une compagnie de gendarmes, d’écouter les grives musiciennes, et d’observer les oiseaux ou les pollinisateurs s’affairer ! Alors ce panneau et le premier nichoir à mésanges qui va avec seront installés très prochainement, d’autres nichoirs suivront peut être…

Et puis nous allons installer des toilettes sèches !!! C’est sans doute un détail mais il a son importance quand on est un peu loin de la maison et qu’on a bu quelques tasses de thé ou de café !!

Une nouvelle année pour semer, planter ( se planter aussi sans doute ! ) récolter ( si la météo est clémente et propice ) une année pour ralentir, pour apprendre, pour vivre….et pour partager !

Et vous ? vous avez une histoire de potager à me raconter ? Vous aimeriez trouver un tel endroit pour vous échapper , pour vous réfugier ou faire pousser une autre idée de transition et de consommation ? Si vous avez aimé les photos, si cet endroit vous inspire quelques mots, n’hésitez pas à me l’écrire ! Au plaisir !

5 commentaires sur “Il était une fois un potager…

  1. Que de jolies photos ! L’histoire de votre potager est émouvante. Vous y avez mis tout votre cœur et cela se sent même dans votre écriture. J’ai retrouvé les mêmes pots de confiture que mon mari fait et il en est fier. Malheureusement, les fruits ne proviennent pas de notre jardin bien trop petit. Vous avez une belle chance d’avoir un si beau terrain et ça demande beaucoup de travail et d’investissement. La nature est toujours généreuse avec ceux qui en prennent soin.

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    1. Bonsoir, tout d’abord merci de m’avoir lue, c’est toujours une jolie émotion de savoir que mes mots et mes photos viennent faire écho quelque part… Merci pour votre retour, en effet, la nature et cette partie du potager nous le rendent bien et nous savons accepter ce qu’ elle nous offre, en fonction de la météo, des aléas jardiniers et des petites bêtes qui viennent visiter parfois les rangées de petits pois… Je n’écris pas forcément très régulièrement aussi si vous souhaitez découvrir mon univers, je vous invite à parcourir le menu (qui n’est pas mis à jour, je n’ai pas eu le temps !!) et les articles écrits depuis quelques années… Bonne lecture et belle soirée ! Au plaisir !

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  2. Coucou, je complète ma réponse ici.
    Oui, nous sommes à la recherche d’une maison pour y faire pousser de beaux légumes… Mais la tâche se trouve être un peu longue à mon goût.
    Sinon, j’ai de véritables souvenirs dans le jardin de mes parents et mes grands parents. (Sûrement qu’ils y sont pour beaucoup 😉). Comme les carottes croquées directement dans le jardin, après un coup d’eau. On ne regardait pas si il y avait encore de la terre ou si le chat avait pissé dessus!! 🤣
    Un jour, bientôt, j’aurai mon potager!
    Bises.

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    1. La transmission des parents et grands parents est si souvent importante !! Un jour où l’autre on y revient je pense… C’est chouette alors d’avoir ce projet de maison et de jardin !! J’espère qu’il se concrétisera !!! Et puis rêver à ce genre de choses ne peut faire que du bien en ce moment !!! 🕊️Des bises aussi !!!

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